Omet à Casa Locken : Quand le Mobilier Devient l’Âme de l’Architecture
Casa Locken : quand une icône moderniste devient scène vivante
Imaginez une demeure moderniste de 1957, où chaque fenêtre et chaque mur de pierre volcanique raconte une histoire. Maintenant, imaginez cette architecture iconique non pas comme un musée silencieux, mais comme une scène vivante où le mobilier contemporain dialogue avec le passé. C’est précisément l’expérience saisissante proposée par la galerie Omet, qui a investi la légendaire Casa Locken pour y dévoiler sa quatrième collection. Cet événement, temps fort de la Mexico City Art Week 2026, a offert bien plus qu’une simple exposition : il a initié une conversation intime entre le design et l’architecture.
Un écrin moderniste pour le design de demain
Située dans le quartier exclusif de Jardines de Pedregal, conçu par le maître Luis Barragán, la Casa Locken est un joyau architectural. Conçue en 1957 par Francisco Artigas pour le président mexicain Adolfo Ruiz Cortines, cette résidence déploie ses charmes avec une clarté et une générosité qui semblent incroyablement actuelles. Ses baies vitrées monumentales, ses passages reliant des cours intérieures et sa piscine surplombée d’un long bar créent un cadre exceptionnel, récemment restauré avec soin.
Le choix de ce lieu n’était donc pas anodin. Pour Lorena Vieyra, fondatrice d’Omet, l’intention était claire et profonde : ce bâtiment n’a pas été choisi comme simple toile de fond, mais comme protagoniste. L’objectif était d’activer ce patrimoine extraordinaire et de l’ouvrir au public, en laissant le design contemporain répondre à la structure, à la lumière et à l’âme de la maison.
Les créateurs qui redéfinissent l’espace
La collection présentée rassemble seize pièces exclusives, imaginées par des architectes et designers mexicains de renom. Chacun a interprété l’espace à sa manière, créant des œuvres qui sont à la fois des meubles fonctionnels et des sculptures habitables. Ces créations ne se contentent pas d’occuper les lieux : elles les habitent et les réinventent.
Tatiana Bilbao : la poésie des formes et des matières
Architecte reconnue pour son approche centrée sur l’humain, Tatiana Bilbao a exploré la géométrie avec une sensibilité unique. Elle a présenté une série de tabourets pyramidaux, certains recouverts de tissus multicolores vibrants, d’autres en bois noble sublimé par des marqueteries délicates. Sa console « Sepan Cuántos » est une pièce maîtresse : ses pieds, formés de sphères et de pyramides striées, soutiennent un plateau couronné d’une imposante demi-sphère. Chaque pièce semble raconter une histoire, un véritable jeu de construction poétique et audacieux.
Fernanda Canales : la modularité au service de la vie
Fernanda Canales a, quant à elle, exploré le thème de la polyvalence. Son bureau « Guarida », qui signifie « repaire » en espagnol, est une invitation à la concentration. Sa structure en bois, dotée d’une coquille à lames ajourées, crée un sanctuaire personnel au sein de l’espace. En outre, ses tables gigognes en acier inoxydable et ses tables d’appoint aux éléments de bois empilés et mobiles incarnent un design adaptatif, capable de se transformer au gré des besoins et des moments de la journée.
Visions convergentes : du marbre au textile
La collection est enrichie par les visions complémentaires d’autres créateurs. Lorena Vieyra elle-même a conçu une méridienne spectaculaire, où un lit en cuir souple repose sur d’imposantes colonnes de marbre, le tout solidifié par un cadre en acier. De son côté, Raúl de la Cerda a surpris en s’éloignant de ses pièces monolithiques en pierre pour créer un bar en bois raffiné, rehaussé de plateaux en travertin. Enfin, les textiles à motifs de Felipe Gómez et DYAD, ainsi que les créations murales géométriques de Ricardo Rendón, ajoutent des couches de texture et de couleur, complétant harmonieusement le dialogue entre les œuvres.
Au-delà de l’objet : le mobilier comme expérience sensorielle
La philosophie d’Omet transcende la simple présentation d’objets. Ici, le design est envisagé comme une expérience vécue, une interaction constante entre l’humain et son environnement. Les chaises, tables et formes sculpturales ne sont pas figées : elles sont conçues pour être réactives et adaptatives. Elles invitent au mouvement, à la posture, aux rituels du quotidien, qu’il s’agisse de travailler, de se reposer ou de se rassembler.
Cette approche privilégie une sensibilité aiguë : sensibilité à l’espace, au corps et aux rythmes de vie. Ainsi, chaque meuble devient un partenaire de vie, un catalyseur d’expériences. Il ne s’agit plus seulement de posséder un bel objet, mais de vivre avec un design qui répond à nos gestes et à nos émotions. C’est une vision du mobilier qui bascule de l’esthétique pure vers le bien-être fonctionnel et émotionnel.
Mexico : capitale effervescente du design international
Cet événement s’inscrit dans une tendance de fond : l’affirmation de Mexico comme une capitale incontournable du design mondial. La Mexico City Art Week, qui se tiendra à nouveau en février 2026, attire chaque année créateurs, collectionneurs et passionnés du monde entier. Le dynamisme de la scène locale, porté par des talents comme Tatiana Bilbao — récemment finaliste du prestigieux Prix Mies Crown Hall Americas —, témoigne d’une créativité foisonnante.
Omet, bien que basé à Austin, joue un rôle clé dans ce rayonnement en promouvant le design mexicain contemporain aux États-Unis. En brouillant les frontières entre art, design et architecture, le collectif participe activement à l’émergence d’un lang